Week-end à Knysna (ou plutot strong à Knysna)

knysnaLundi étant ferié pour le Women’s Day, Capucine et moi avons profité de ce we de trois jours pour nous éloigner un peu du Cap.

Départ samedi matin à 6h en bus, arrivée à Knysna, une des stations balnéaires la plus côtée de la Garden Route, vers 14h. Rien que le trajet du Cap à Knysna vaut le coup, on en a pris plein les yeux en terme de paysage, le plus marquant restant pour moi les couleurs de ces paysages, des verts, des jaunes, des roses,…La Garden Route qui démarre vers Georges est réputée pour sa beauté, mais en fait même avant cette dernière il y a matière à s’émerveiller.

Le trajet est également intéressante pour la propagande chrétienne qu’il offre, musique, film, publicité, tout va dans le sens d’une promotion de l’Eglise, intéressant…

Arrivée à Knysna, nous décidons de profiter des quelques heures libres que nous avons avant notre tour dans les  townships pour se promener un peu dans le centre ville….qui honnêtement s’avère un peu décevant. La plupart des magasins sont fermés (un samedi après-midi), peu de gens dans les rues, et les visites que nous programmions sont annulées puisque les batîments/musées sont eux-aussi fermés. Nous nous rendons alors à Thesen Island, presqu’île aseptisée, dont le guide du routard prévient qu’elle “attristera les amoureux de la nature” tant la promotion immobilière a transformer une faune et une flore probablement proliférante en un quartier des plus courrus de la ville où s’aligne de grande maison d’un blanc éclatant dont on ne peut s’empêcher de se dire qu’elles ont un style très “colonial”. Là aussi pas grand chose à faire en hors saison, la ferme à huître est fermée, ainsi que la plupart des autres attractions normalement disponibles en saison estivale. Seule boutique ouverte : French Kiss qui vend notamment des vêtements La Redoute comme s’ils agissaient de fringues de marques (tant dans la présentation que dans les prix !)

Retour vers le Waterfront (où nous avait déposé le car) afin de retrouver notre guide, le Waterfront est d’ailleurs un endroit très agréable et animé, et ce malgré la basse saison.

Départ donc pour notre tour dans les township avec notre guide qui lui-même y vit. Nous visitons 4 townships différents, qui se différencient notamment par le type de constructions qui les composent. Pour exemple, dans le premier, le White township (ne vous y méprenez pas, aucun blanc ne vit là-bas) les maisons sont surtout faites de toles et de cartons, et les habitants nous explique qu’évidemment il faut tout reconstruire ou du moins reconsolider après chaque pluie. Les cartons sont recouverts de pages de publicité (on est loin de la pub glamour pour parfum, ce sont plus les pages d’un magazine de promotion pour supermarché). Dans l’une des maisons que nous visitons, on nous explique que 12 personnes dorment ici, avec un lit simple pour les parents, les enfants dorment au sol, et une petite pièce pour les autres habitants ou visiteurs de passage. Tout cela dans une surface qui ne doit pas excéder les 15m²…ça laisse à réfléchir…D’autres maisons sont plus en dur, et le guide nous explique que souvent il s’agit d’enfants qui tous ensemble ont économisé pour payer à leur parent une vraie maison.Knysna townships

Nous rencontrons une Hila (pas certaine de l’orthographe), médecin traditionnelle africain qui nous explique son parcours, les 10 ans qu’ont duré sa formation pout obtenir son diplôme, et le sacrifice d’animal qui le couronne, elle est d’ailleurs depuis quasiment végétarienne. Elle nous parle de ces 5 enfants qu’elle a élevé seule, de l’école qu’elle a fondé, de comment elle a construit sa maison et comment chacun a contribué à sa création, blanc ou noir ils ont été nombreux a apporté leur aide pour bâtir cette demeure. Elle nous fait également le récit folklorique de la fois où elle a été malade au point que les médecins allaient l’opérer et où a force de prière le mal à finit par quitter son corps sous la forme d’un oeuf…Néanmoins on comprend très vite le rôle de soutien qu’elle joue dans la communauté, bien sûr elle exorcise, soigne les personnes envoutés, mais elle est aussi une personne à qui on vient parler quand on n’a plus de solutions. Par la suite le guide nous expliquera que tous ne se rende pas chez elle, que pour toutes les maladies les gens se rendent à la clinique qui a été construite dans les township et qui est gratuite pour tous. La Hila est réservée au cas d’envoutement.

Puis nous nous rendons dans une petite maisonette où nous goutons  la bière africaine à même une grande boîte de conserve où chacun se sert. Le goût en est plus doux que la bière à laquelle nous sommes habituée,c’est en fait très différent des bières que j’ai pu jusque là goûter, et j’ai du mal à décrire vraiment quelle était la saveur de cette bière.

Tous les gens que nous rencontrons sont très accueillants, les personnes que nous croisons dans la rue nous sourient, et notre guide s’arrête régulièrement pour saluer une connaissance. A notre question de savoir comment perçoivent les habitants des townships les touristes qui viennent en faire le tour, nous sommes étonnés d’apprendre qu’ils percoivent celà postivement, d’abord parce que cela permet de casser certains préjugés à propos des townships, et ensuite parce qu’ils ont crées un fond commun alimenté notamment par ce que rapporte ces visites.

En cette période hivernale la vie est difficile pour beaucoup d’entre eux car la plupart occupe des emplois saisonniers, rares sont ceux qui occupent un emploi à l’année, ils doivent donc économiser pendant l’été et vivre sur ces économies pendant la basse saison.

Néanmoins il règne une grande entraide dans ces township, et la vue incroyable sur le lagon ainsi que la musique partout présente et le fait que tous se connaissent, rendent l’atmosphère tout à fait joyeuse, probablement plus que dans les townships des grandes villes comme Jo’burg ou le Cap.

Notre guide nous laisse ensuite entre les mains de Sister Kerry, une des membres de la communauté rastas du Judah Square qui vit elle aussi dans l’un des townships. Cette femme australienne a quitté son pays son “bac” en poche à 15 ans et a visité plus de 56 pays experimenté probablement tout autant de drogues, et est depuis plus de 25 ans une rasta. Installée avec son fils de 21 ans dans cette communauté depuis plusieurs années elle y est complètement intégrée, fait partie du conseil. Elle est la plus agée de cette communauté et fait non moins intéressant a les locks les plus longues de tout Judah Square, si elle les protège sous un bonnet, elle nous explique cependant que cela devient très problématique, notamment lorqu’elle doit les faire sécher après les avoir lavés pusque ceux-ci trainent au sol !

selassiPour nous qui ne connaissons rien à cette communauté, il est très intéressant de discuter avec elle et d’en savoir plus sur les rasta.Là aussi dans cette communauté la solidarité est très forte. Vis à vis des autres habitants des townships, les rasta font figure d’originaux, mais la communauté du Judah Square est relativement bien acceptée de ses voisins. Nous profitons de l’occasion pour fumer un peu de ganja, roulée dans de la pelure d’oignon (!), amoureusement cultivée par son fils. Elle-même ne fume plus depuis plus d’une dizaine d’anneés, elle dit ne plus en ressentir le besoin, mais admet qu’à une époque de sa vie la ganja l’a beaucoup aidé dans sa perception des choses, et dans sa connaissance d’elle-même. Si aujourd’hui l’Etat Sud-Africain reconnait au rasta le droit de fumer leur ganja, néanmoins la police craint leur influence sur les quartiers voisins. Sister Kerry nous raconte également comment le Judah Square fut l’objet d’une perquisition qui s’est avérée être l’une des plus juteuses du pays, leur quartier était alors surnommé le Million dollar neighborhoud. Cet évènement fit le chou gras des papiers locaux qui publièrent de nombreuses caricatures et dessins d’un Knysna peace and love pendant plusieurs jours après que la police a brulé l’ensemble de sa perquisition.

Nous en apprenons plus sur leur foi, leur histoire (Hayle Selassie en ci-dessus) ou encore leur language, et oui les rastas évitent d’utiliser des mots à connotations négatives, ainsi pas de week-end (sonne comme weak, faible, et end négatif aussi, on parle donc de strong), pas de understand, mais overstant, ou encore pas de you ou de my, seulement des I, question de Capucine : Bob Marley utilisait-il le langage rasta dans ces chansons ? Affaire à suivre !

Le lendemain matin, notre guide nous emmène petit-déjeuner dans le restaurant miniature qu’il a installé à l’étage de sa maison (qu’il a mis 10 ans à construire). Nous est alors servis un ptit déj incroyable mélange dr plats africains (notamment un pain fait maison qu’il a fait cuire à 4h du matin exprès pour nous !) et anglais. Un délice ! C’est aussi impressionnant de voir comment cet homme se démène, et de quelle motivation il fait preuve pour améliorer ses conditions de vie. Cet homme qui a grandit dans les townships et faisait 18km de marche qutidienne pour se rendre à l’école, puis qui a commencé des études de ressources humaines pour finir portier dans un hôtel puis évolué dans celui-ci compte tenu de son potentiel, et qui aujourd’hui possède sa maison en dur dans les townships, maison qu’il a lui-même imaginé, qui fait découvrir aux touristes la réalité des townships, a ouvert un restaurant il y a moins d’un an, restaurant dont il a tout choisi, de la décoration (et elle est très réussie )à la vaisselle en passant par le menu, c’est impressionnant !

Après ce copieux petit déjeuner notre guide nous dépose en haut des falaises The Heads qui offre une vue incroyable sur la baie. Nous décidons de redescendre à pied pour éliminer un peu de ce petit déj, le soleil brille et nous profitons d’un agréable petit temps, bref temps parfait. Nous commettons une seule erreur, celle de tenter de traverser une partie boueuse du lagon pour rejoindre plus vite le Waterfront, néanmoins cela ne s’avère pas être la plus brillante idée que nous puissions avoir et nous rebroussons chemin, trainant avec nous une odeur de vase marécageuse.

Déjeuner sur le Waterfront dans un établissement atypique qui se dit “ni un resto, ni un bar, ni un magasin” mais qui est excellent et très agréable, (soleil et vin blanc participant à la détente..). Nous enchainons sur une ballade en bateau dans le lagon, magnifique vue, et explications de la guide très intéressantes.

Retour sur la terre ferme, huitre et vin blanc à nouveau, et enfin parce qu’il faut bien patienter jusqu’à l’arrivée du car petit resto du centre ville, décoré de vynil au plafond et de cartes de visite au mur (recommandé par le routard) où la bière et le brandy finissent de nous achever pour le car, on notera que certaine table possède leur propre tireuse à bière…ce sera pour la prochaine fois !

En résumé, un we riche en émotions de tout genre, dont il est certain que nous nous souviendrons…

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Une Réponse à “Week-end à Knysna (ou plutot strong à Knysna)”

  1. Pilou dit :

    Salut Juliette – je viens de récupérer l’adresse de ton blog. Je vais lire ça avec intérêt ! Take care

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